Son absence

Comme c’est puissant et inflexible, une famille ! C’est tranquille comme un corps, comme un organe qui bouge à peine, qui respire rêveusement jusqu’au moment des périls, mais c’est plein de secrets, de ripostes latentes, d’une fureur et d’une rapidité biologiques, comme une anémone de mer au fond d’un pli de granit... 
Cette phrase de Paul Nizan tirée de son roman La conspiration pourrait servir d’exergue à ce beau premier roman d’Emmanuelle Grangé.

En 1995, un jeune homme, François Munch, disparaît sans motif apparent. Il envoie une carte postale laconique à sa famille, il y annonce son départ définitif. Ses parents, ses frères et soeurs pensent alors à une fugue, une folie passagère. François ne réapparaîtra pas. 
Sans plus de nouvelles du fugitif, la famille se rend au tribunal vingt ans après, délai légal, pour y signer la « déclaration d’absence » en vue de protéger ses intérêts et son patrimoine. Dans la famille Munch, il y a la mère, le père, quatre fils et deux filles. Autant de voix différentes qu’Emmanuelle Grangé nous donne à entendre. Tous sont dévastés par la disparition de François mais chacun habille l’absence comme il peut. Comment vit-on l’absence ? 
On y survit. On culpabilise, crie, prie, se révolte, se souvient. On revit. Un pas devant l’autre. Il n’y a ni explication ni mode d’emploi.

Provenance : 68 premières fois édition rentrée septembre 2017

Note : 7/10

Commentaire : J’ai lu ce livre (assez court il faut le dire) d’une traite. Ce n’est pas qu’il m’ait plus, loin de là, mais j’avais envie de savoir … 20 ans après sa disparition de François, sa famille se retrouve au tribunal pour des démarches administratives. Chacun y va de ses souvenirs. François a disparu  sans laisser ni trace, ni nouvelle. Même si ce premier roman est émouvant, j’ai été assez déçue par la fin, si toutefois je peux parler de fin, vu que le livre s’arrête comme ça, étrangement, sans rien dévoiler. Je voulais savoir, mais je suis restée sur ma faim, frustrée. En lisant les lignes ou François se raconte, j’ai pourtant, à un moment eu bon espoir...

 

 

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