Les rêveurs

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Quatrième de couverture :

«  On devrait trouver des moyens pour empêcher qu’un parfum s’épuise, demander un engagement au vendeur – certifiez-moi qu’il sera sur les rayons pour cinquante ou soixante ans, sinon retirez-le tout de suite. Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un flacon acheté dans un grand magasin, retrouvent l’odeur de leur mère, d’une maison, d’une époque bénie de leur vie, d’un premier amour ou, plus précieuse encore, quasi inaccessible, l’odeur de leur enfance…  »
  I. C.  
  
Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées de l’époque, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.

Provenance : 68 premières fois édition janvier 2018

Note : 8/10

Commentaire :

C’est un livre intime tout en pudeur et en émotion, que nous livre Isabelle CARRE, avec des périodes un peu en yoyo qui retracent l’enfance et l'adolescence d’une jeune fille, puis d’une jeune femme qui va finalement devenir une actrice épanouie. Cette jeune fille grandit dans une famille quelque-peu étrange, entre une mère dépressive et un père homosexuel. Elle tentera de se suicider et fera un séjour en hôpital psychiatrique.

Ce premier roman, écrit d’une belle écriture qui passe de la première à la troisième personne, ne m’aurait surement pas autant tenter, si cela n’avait été écrit par ce personnage connu qu’est Isabelle Carré. J’ai apprécié l’histoire, même si je l’ai trouvé quelquefois un peu décousue.

Je reste mitigée dans ma critique. J’ai passé, cependant un bon moment de lecture et ce livre me laissera un bon souvenir.

 

« Pour se rassurer, elle se répétait qu’il était possible, même probable, qu’ils se marient plus tard… Sa confiance était infinie. »
 

« Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un flacon acheté dans une parfumerie ou un grand magasin, retrouvent l’odeur de leur mère, l’odeur d’une maison, d’une époque bénie de leur vie, d’un premier amour ou, plus précieux encore, quasi inaccessible, l’odeur de leur enfance. »
 

«  Au pied de l’arc-en-ciel se dissimule toujours un trésor », nous répétait mon père. Notre univers avait la texture d’un rêve, oui, une enfance rêvée, plutôt qu’une enfance de rêve. »
 

« Pourquoi désire-t-on par-dessus tout l’inaccessible ? En cette fin d’après-midi grise, assise dans le couloir, les jambes en travers, encombrée de moi-même et de ce corps qui, décidément, ne veut pas être à la hauteur, je décide de jeter l’éponge, j’accepte de ne jamais être la danseuse dont j’avais rêvé. »
 

« D’où vient donc cette souffrance mystérieuse, si puissante que les adultes eux-mêmes ne la maîtrisent pas ? On peut pourtant leur demander à peu près tout, pour quelles raisons étranges, alors que j’ai réellement besoin d’eux pour la première fois, sont-ils si démunis ? »


« Voilà comme un seul geste a déterminé nos vies. Si Claire ne s’était pas précipitée, toute cette histoire n’existerait pas, et moi non plus. Je suis le fruit d’un malentendu, d’une lettre déchirée trop vite.

"Ou plutôt la rencontre de deux malentendus, mon père ne pouvant s’avouer quelle sorte de vie il souhaitait déjà, et ma mère jetant sa dernière chance au panier. Le fruit de deux orgueils blessés, qui se sont réchauffés un moment. »

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