Par amour

Cvt par amour 1994

Quatrième de couverture :

Par amour, n’importe quel être humain peut se surpasser. On tient debout, pour l’autre plus encore que pour soi-même.

Note : 9/10

Provenance : Club lecteurs de la bibliothèque de Saint André les Vergers

Commentaire : Dans les années 40, au Havre, la guerre débute et nous faisons connaissance d'une famille en pleine exode. Deux soeurs, Emelie et Muguette, le mari de Emélie, Joffre, celui de Muguette ayant disparu, et les 4 enfants, nous racontent chacun leur tour cette guerre à laquelle ils sont confrontés. Les bombardements, les privations, la peur et la mort sont leur quotidien. Chacun survit à sa façon, par amour, pour protéger quelqu'un qu'il aime. Ce livre est admirablement bien écrit et surtout bien documenté. Nous vivons, au travers cette famille, quatre années de la seconde guerre mondiale, au sein d'une ville qui a été particulièrement touchée. L'auteur, dans ce roman choral où les personnages prennent la parole à tour de rôle, nous livre que l'amour peut être plus fort que la guerre ... C'est beau, c'est touchant, c'est à lire !

Extraits : 

On aurait pu croire que c'était par amour, mais il y avait toujours ce vide dans son regard qui n'allait pas du tout avec l'amour ou n'importe quel autre sentiment agréable. Lucie aussi l'avait remarqué et pour rigoler, puisqu'il fallait bien se changer les idées, j'avais même réussi à lui faire croire un temps que les Boches faisaient des expériences sur les Français avec des savants fous et qu'ils avaient trafiqué le cerveau de papa : la naîveté de ma soeur était épatante.

Il s'est arrêté dans un soupir sonore, après le sixième coup. Il a remis sa ceinture, puis m'a ordonné de descendre dans la cuisine. Mon dos me brûlait, mais ce qui me faisait le plus mal, c'était de contempler les restes de notre famille, tandis qu'il ôtait une à une les pommes de terre de la bassine, murmurant "bien mal acquis ne profite jamais".

La première chose qui m'a traversé l'esprit, c'est que les poulots étaient sauvés. J'avais jamais ressenti une joie pareille. J'ai pensé à Joffre, mon ami, mon frère, à son pinson de belle-soeur qu'allait bientôt pouvoir serrer ses gamins dans ses bras, j'ai pensé, ça fait plus de dix-sept heures qu'on tient le coup, mais ça fait peut-être toute une existence que j'attendais de vivre un moment pareil.

Emelie avait répliqué vivement : "le temps et l'absence n'ont rien à voir avec l'amour, Muguette, ce qui compte, c'est ce qui le fonde. Parfois il se fonde sur une erreur d'appréciation, on croit aimer une personne, mais on aime un rêve, un désir, un idéal, quelque chose que l'on porte en soi depuis toujours et dont on affuble l'autre qui, souvent, s'y prête volontiers. C'est si flatteur ! Seulement à la première occasion, au premier effort, les masques tombent, l'autre apparaît tel qu'en lui-même, et rarement celui que l'on croyait, l'amour devient alors sans objet, l'amour devinet désillusion - hélas lorsque l'on est marié, il faut apprendre à supporter son destin."

 

 

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