Outre-Mère

529blogOb de3554 12 premiers romans 1

Quatrième de couverture :

Outre-Mère est moins le récit de la véritable histoire de Charles Morgenstern, juif, bruxellois, enrôlé dans l’armée allemande puis indicateur au service de la Gestapo, que celui de son dévoilement, malgré le silence imposé qui règne encore dans sa famille deux générations plus tard. Que faire des secrets ? De la famille, de la guerre et de ses monstres ? Du silence de la mère ?
Ces questions provoquent tout autant l’enquête de Lucie que l’écriture envoûtante de ce texte.
Le paradoxe de ce roman, son paradoxe passionnant, c’est que le secret le plus crucial apparaît moins dans une révé­lation – vite livrée au lecteur – que dans les moments anxieux, obstinés et rebondissants de son dévoilement tentaculaire.
Il en résulte un étrange passage de la souffrance et du silence à la délivrance de la mère comme de la narratrice – et du lecteur.

Note : 9/10

Provenance : 68 premières fois édition 2017

Commentaire :

Roman ou document ?

Lucie, une jeune fille née en 1962, va faire sa première communion. Alors que son père lui fait choisir une image pieuse, sa mère lui montre un texte où une certaine Hélène Morgenstern est nommée. Mais, qui est cette Hélène ? Car sa mère se nomme aussi Hélène. Celle-ci lui répond que c'est une ancienne amie de classe et la conversation s'arrête là... Quelques années plus tard, Lucie écrit l'hitoire de sa famille, par envie de transmettre, dit-elle. 

"Dans les caves de cette histoire, dont personne ne m'a donné les clefs, j'ai trouvé des cadavres et des monstres ; quelques trèsors, aussi. J'ai trié, rangé, empaqueté, nettoyé les toiles d'araignée et chassé le poussière. Ca m'a pris des années. Et maintenant, je suis assise sur mes caisses et je ne sais pas par où commencer."

Je vais découvrir, au fil des pages, qui est cette Hélène, et, surtout l'histoire de Charles Morgenstern, entre 1940 et 1945, qui est à la tête de l'arbre généalogique que va reconstruire Lucie. A la mort de Suzy (Suzanne, sa grand-mère), Lucie se met à la rechercher des documents qui vont retracer la vie de cette famille qui cache tant de secrets.

"Depuis le décès de Suzanne, j'ai l'habitude de commander des documents sans les administrations communales. Mais le jour où je me rends à Bruxelles pour obtenir l'extrait d'acte de naissance de Charles Morgenstern, tout se complique. Ma mère, bien que née Morgenstern, porte un autre nom. Mon propre extrait d'acte de naissance n'est pas assez explicite ; il doit s'accompagner du sien, et surtout de cette apostille manuscrite qui spécifie ce changement d'identité."

"Je pensais à cette famille lointaine et si proche par l'histoire et le sang comme aux berlinois de l'Est et de l'Ouest, dont les enfants des frères et des soeurs séparés pendant plus de vongt-cinq ans avaient grandis de part et d'autre du Mur sans se connaître."

An fil des paragraphes, l'auteur parle en son nom en écrivant "je", puis passe au "elle", ce que j'ai trouvé parfois un peu déroutant.

"J'écris avec lourdeur; J'aligne les faits. Je les organise industrieusement. Je me sens incapable de broder, d'allonger la sauce ; incapable de faire appel à mon imagination pour décrire les contextes, les lieux, le physique des personnages. Incapable ou interdite ? De page en page, ce récit me paraît plus sec qu'un rapport de police.

Puis, Hélène, la mère se raconte, revient avec Lucie sur les lieux de son enfance, quartier juif devenu quartier turc. Les souvenirs et les anecdotes affluent. Le secret se dévoile. Ce que Lucie découvre sur son ancêtre, au fil de ses recherches, est la pire chose qu'on peut imaginer.

"Je ne sais pas le compte des trahison de Charles, les dénonciations de refractaires au travail obligatoire, de resistants et de juifs. Je ne sais pas. Mais Suzy en a sauvé deux. Deux. J'ignore tout d'eux, leur nom, s'ils ont survécu."

Elle va avoir des doutes, elle va se poser la question si elle doit écrire ce livre. Comment écrire sur ses ascendants quand l'horreur est là, insoutenable ?

"Le dévoilement du secret a pris toute une vie. Depuis le jour où Lucie a tenu en main le souvenir de commnunion privèe d'Hélène, jusqu'au décès de Suzy, qui déclencha ce qu'elle appelle la grande quête : trente ans. Des archives furent exumées, des souvenirs réveillés, des douleurs aussi. Faire parler Hélène : dix ans de plus."

Lucie dit : "cette histoire fait partie de mon histoire - mais je ne suis pas cette histoire !"

D'abord d'une écriture hésitante, l'auteur nous livre ses recherches et ses découvertes, puis petit à petit, comme libére, à moins que ce soit l'envie d'en savoir plus qui m'a donné cette impresssion, le lecture devient plaisante et passionnante. Ce roman, ou ce récit, je ne sais pas trop comment le qualifier, est très bien construit. L'histoire, quoique horrible, m'a prise au piège. J'ai lu ce livre d'une traite.

Un très bon premier roman très bien documenté.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×