Mon ciel et ma terre

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Ob de3554 12 premiers romans 1

 

Quatrième de couverture :

« J’ai aimé ma mère, follement. Je l’ai cajolée, protégée. Je lui chantais des comptines de couleur, bleue, ou rose selon l’humeur, pour la rassurer. Je l’épaulais lors de ses chagrins d’amour, j’assistais, déboussolée, à ses crises de manque. J’étais parfois la mère de ma mère… Pourtant, je l’admirais plus que quiconque, je ne l’aurais à aucun moment échangé contre une autre. Maman, elle n’avait pas peur de se bagarrer avec ses pieds et ses mains, ni de claquer la porte aux nez de ses amants. Maman, elle partait en pleine nuit faire la fête, elle m’emmenait dans des dîners de grands en plein Saint-Germain des Prés, à la Coupole ou au Flore, alors que nous vivions dans de petits appartements faits de bric et de broc. Ma mère était bohème. Elle était mon ciel et ma terre. Elle était mon Ode. Tout un poème. » 
 
Aure Atika est comédienne, scénariste et réalisatrice. Elle oscille entre films d’auteur (Jacques Audiard, Abdellatif Kechiche, ou Stéphane Brizé) et productions grand public (La Vérité si je mens, ou OSS 117). Mon ciel et ma terre est son premier roman.

Note : 9/10

Provenance : 68 premières fois édition 2017

Commentaire :  Un très beau premier roman sur l'amour d'une fille à sa mère.

"J'aurais voulu répondre que c'était une femme libre qui expérimentait et qui était perdue, mais pas une junkie. Qu'elle avait voulu sortir de son carcan, se libérer du poids de sa culture. Qu'elle a voulu flirter avec le spirituel, avec l'Art, qu'elle a voulu toucher au divin, grâce à la drogue. La droge était à l'époque, pour elle et sa bande, un moyen d'ouvrir des canaux internes pour accéder à autre chose. S'échapper de cette réalité, pour y revenir plus riche d'un voyage."

Comment ne pas s'attacher à la grand-mère adorable qui s'occupe de la petite fille pendant les nombreuses et interminables absences de la mère ? Cette mère qui revient sans prévenir, comme un cheveux dans la soupe, qui arrache la petite, folle de bonheur, de son cocon douillet, égoiste comme le sont les enfants en manque d'amour, pour lui faire vivre une vie décousue, jusqu'au prochain voyage.

"C'est le moment que je préfère, le rituel "du refroidissage". Elle verse le liquide dans un autre verre, puis dans un autre, et un autre, et de nouveau dans le premier, qu'elle me tend alors. Le thé est chaud, mais ne brûle pas les mains. J'admire ma grand-mère. Elle est magicienne."

Mais quelle est donc cette mère qui vit dans un monde à part auquel la petite fille participe sans comprendre et sans que cela ne pose question à personne. La drogue, le sexe, elle vit tout ça du haut de son plus jeune âge. Malgrè-tout, elle voue à sa mère volage, un amour sans mesure.

"Ils se roulent des pelles. Trop d'infos de toutes parts. Terriblement gênée, je ne sais plus comment réagir. La fille avec sa ola donne le top départ. Tout autour et en bas, je ne vois que des mains sous les jupes et les entrejambes, je vois de la peau, des chevelures perdues dans les cous, des bouches qui s'ouvrent et des yeux qui se ferment, des tétons qui jaillissent et des têtes qui se renversent, des cuisses qui s'ouvrent et des hommes qui se baissent, des mains fortes sur des hanches qui ondulent, des mains fines sur des bâtons dressés et glisser sur des torses poilus. Peu à peu, je n'entends plus la musique, les gémissements rythment les soupirs."

Un très bon livre, intimiste, superbement écrit à la première personne, sur une petite fille qui nous raconte sa mère qu'elle aime plus que tout et sur laquelle elle veille comme sur un trésor. C'est juste beau !

 

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