Ma reine

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Ob de3554 12 premiers romans 1

Quatrième de couverture :

Shell n’est pas un enfant comme les autres. Il vit seul avec ses parents dans une station-service. Après avoir manqué mettre le feu à la garrigue, ses parents décident de le placer dans un institut. Mais Shell préfère partir faire la guerre, pour leur prouver qu’il n’est plus un enfant. Il monte le chemin en Z derrière la station. Arrivé sur le plateau derrière chez lui, la guerre n’est pas là. Seuls se déploient le silence et les odeurs de maquis. Et une fille, comme un souffle, qui apparaît devant lui. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai.

Jean-Baptiste Andrea livre ici son premier roman. Ode à la liberté, à l’imaginaire, et à la différence, Ma reine est un texte à hauteur d’enfants. L’auteur y campe des personnages cabossés, ou plutôt des êtres en parfaite harmonie avec un monde où les valeurs sont inversées et signe récit pictural aux images justes et fulgurantes qui nous immerge en Provence, un été 1965.

« J’ai voulu la pluie. Je l’ai tant voulue que quand elle est venue, je ne savais plus comment l’arrêter. C’était une grosse pluie rose, vert, bleu, elle prenait la couleur d’un rien. Elle assommait les oiseaux. Il a plu comme ça pendant je ne sais pas combien de temps. Les vieux disaient qu’ils n’avaient jamais vu ça. Ils parlaient de leurs ancêtres et de Dieu
 et du ciel et de tout sauf de la raison de la pluie : moi. 

Provenance : 68 premières fois édition septembre 2017

Note : 8/10

Commentaire : Comme l'écrit l'auteur dans sa dernière phrase "il ne restait plus au vent qu'à souffler, à souffler jusqu'à m'effacer de cette histoire, si elle a existé." Rêve ou réalité, que cette histoire que nous narre l'auteur ?

" Physiquement, je suis normal. Je me trouve même plutôt pas mal quand je me regarde dans la glace après mon bain, si je plaque bien mes cheveux en arrière, je ressemble un peu à Don Diégo de la Véga moins la moustache. Quand on me parle, on me comprend bien. Quand on me donne un coup sur le genou, j'ai la jambe qui monte comme mon zizi quand je déterre la magazine sous le pin. C'est dans la tête que je ne suis pas comme tout le monde. En tout cas c'est ce que le Dr Bardet a expliqué à mes parents la fois où je suis allé chez lui à Malijai."

Le décor est planté, J'ai les grandes lignes et la description du personnage. Il veut devenir un homme, faire la guerre et fugue sur le plateau. Puis, lui apparaît une jeune fille "Viviane" qui lui demande d'être sa reine, mais sous quelques conditions.

" Elle inventait un nouveau jeu presque tous les jours. Je n'avais jamais joué avec quelq'un avant, et elle n'avait pas voulu me croire quand je lui avais dit, jusqu'à ce que je lui explique que je n'avais pas de frère, que ma soeur était vieille, que personne ne me parlait autrefois à l'école alors avec qui j'allais jouer ?"

Il vit dans une bergerie et fait ce que décide sa "reine", jusqu'au jour où elle disparaît sans rien dire. Il vit ou survit tant bien que mal, jusqu'à ce qu'un berger le recueille et le remette sur pieds.

"Je n'avais même plus la force d'aller boire. Il n'y avait plus qu'à mourir, qu'à attendre et rapetisser et de glisser hors du monde, en silence, comme l'avait fait ma grand mère."

Mais Viviane a-t-elle vraiment existé ? L'a-t-il inventé ?

Ce premier roman, écrit à la premère personne, d'une façon simple, presque enfantine, est un peu comme un rêve d'enfant, où je fais travailler mon imaginaire. Mais la fin m'a appris que ces deux enfants se battent et se débattent dans et contre un monde d'adultes. Les dernières pages sont assez terribles. Je suis passée du jeu et de l'innocence de deux enfants à une violence gratuite. Ce jeune garçon, libre dans sa tête, comme sur son plateau, va rencontrer (ou croit rencontrer) celle qui sera finalement la personne qui lui fera le plus de mal.

Un livre tendre, mais quelque peu dérangeant, qui mérite une lecture attentive aux messages qu'elle délivre.

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