Le courage qu'il faut aux rivières

 

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Quatrième de couverture :

Elles ont fait le serment de renoncer à leur condition de femme. En contrepartie, elles ont acquis les droits que la tradition réserve depuis toujours aux hommes : travailler, posséder, décider. Manushe est l’une de ces « vierges jurées » : dans le village des Balkans où elle vit, elle est respectée par toute la communauté. Mais l’arrivée d’Adrian, un être au passé énigmatique et au regard fascinant, va brutalement la rappeler à sa féminité et au péril du désir.

Baignant dans un climat aussi concret que poétique, ce premier roman envoûtant et singulier d’Emmanuelle Favier a la force du mythe et l’impalpable ambiguïté du réel.

Provenance : 68 premières fois édition septembre 2017

Note :  8,5/10

Commentaire :

Manushe vit comme un homme et est reconnue comme tel, dans sa communauté, depuis que son père a voulu la marier à un vieil homme, alors qu’elle n'était qu’une enfant. Respectée de tous, il vit dans un village Bakan. Un jour arrive un bel inconnu Adrian. Il achète un miroir et Manusche se découvre en tant que femme.

 

“Ces hommes et ces femmes, si peu accoutumées à voir leur routine perturbée, acceptaient avec une émouvante facilité l’arrivée d’un inconnu. En dépit de l’importance accordée à l’hospitalité - pour le coutumier, l’hôte équivalait à un dieu, auquel chacun était tenu de donner une priorité -, l’habitude de l’entre-soi aurait pu rendre cet accueil moins chaleureux.”

 

“Manushe entra dans sa chambre. Elle défit lentement les liens qui entouraient les couvertures et dénuda le miroir le miroir avec soin. Quelques taches brunes en dégradaient la surface mais ses mesures étaient parfaites. Manushe, en prenant un peu de recul, pouvait s’y voir en entier. C’était la première fois.”

 

“Ils firent une habitude de cette songerie à deux. Ils n’étaient plus, pendant quelques heures chaque matin, les habitants de la montagne associant leurs forces dans des actes au quotidien, mais deux corps réunis par un plaisir clandestin. sitôt rentrés de leurs escapades, ils redevenaient camarades de corvée, dont la relation s’intégrait sans heurt à l’organisation collective.”

 

Elles/ils se découvrent femmes toutes les deux et Adrian se raconte. Adrian, que son père, qui voulait un garçon le transforme et le considère comme le fils rêvé qu’il voulait tant. Jusqu’au jour, où l’adolescent se fait violer par un chasseur, ami de son père. Elle s’enfuit dans la foret, enceinte de son agresseur. Après la naissance de son enfant qu’elle abandonne, elle erre de village en village, se faisant passer pour un homme.

 

“On l'appelerait Adrian, et personne dans le village ne saurait que c’était une fille, hormis eux-mêmes, leur quatres autres filles et le médecin, qui moyennant finance, saurait se montrer discret.”

 

Adrian rencontre Giséla, une prostituée, avec qui il va vivre un bon moment.

 

“Elle lui avait parlé du viol, de la mort probable de Brerin, de sa fuite. Mais pas de l’enfant. L’enfant n'existait pas, ne pouvait pas exister.”

 

Au fil du livre, apparaît dans des chapitres, par-ci, par-là, Dirina, une adolescente, que l’on devine comme étant cette enfant cachée.

 

“Ils s'assirent tous les trois sur le banc, Dirina entre ses parents, leurs six mains jointes sur ses genoux. Albena et Luan alors disent les montagnes, le vieille en fichu noir, les dentelles dans l’ombre, le berceau; les cheveux coupés. Ils dirent l’allée caillouteuse, la fatigue, la peur, et le bonheur dés l’instant où elle avait ouvert les yeux sur eux.”

 

Au travers le périple de ces 3 femmes au destin peu commun, j’ai eu un réel plaisir de lecture avec ce premier roman. J’ai découvert une tradition qui m’était inconnue. Sous la plume habile de l’auteur, j’ai parcouru les Balkans, ses forêts et ses rivières, en même temps qu’Adrian qui fuit son passé avant de découvrir l’amour. C’est une très jolie histoire que je recommande.

 

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