Le cœur à l'aiguille

Le coeur a l aiguille

Ob de3554 12 premiers romans 1

 

Quatrième de couverture :

« Alors elle l’a préparée, jour et nuit, sa robe de mariage, avec ses mots à lui, et si elle le pouvait, elle les coudrait à même sa peau, elle se les tatouerait à l’aiguille et au fil, sur les seins et sur les hanches, pour en sentir la morsure, pour ne jamais être distraite de lui. »

 

Banlieue parisienne, années 2000. Soir après soir, Leïla se penche sur son chef-d’œuvre d’encre et de papier : une robe constituée des cinquante-six lettres que lui a adressées Dan, son promis parti au loin. 

 

Au fil des chapitres se dessine la trame de leur histoire commune : leurs rencontres, leur complicité, leur quotidien, les petits riens qui donnent à tout amour son relief si particulier. Chaque missive fait ressurgir un souvenir, un paysage, une sensation, qui éclairent peu à peu la géographie de leur intimité passée.

 

Un premier roman délicat où l’on suit l’aiguille qui raccommodera le cœur meurtri d’une jeune fiancée.

Note : 8.5/10

Provenance : 68 premières fois édition 2017

Commentaire : Leïla, jeune musulmane, vit en banlieue parisienne. Chaque soir elle coud les 56 lettres de son amoureux pour s'en faire une robe. Chaque lettre représente un moment de leur vie. Elle les assemble les unes aux autres en nous racontant son(leur) histoire d'amour. 

C'est superbement écrit.  C'est beau, c'est touchant... Les seule chose que je regrette dans ce livre, c'est le fait quil soit si petit (95 pages).  Mais, en y réfléchissant, il est tellement dense, que cela compense ! Ce premier roman a touché ma sensibilté de par son écriture à la fois poétique et réaliste. J'ai beaucoup aimé !!!

Extraits :

Elle avait la nuit devant elle. Enfin s'ouvraient les minutes rondes, celles où l'on s'autorise à s'adresser à sa chaise en faisant tourner dans sa bouche une gorgée de thé brûlant, celles où l'on suspend son geste pour le simple plaisir  de suive la première pensée, fôlatre ou sage, qui se présente, les minutes arrachées aux impératifs d'efficacité, les minutes sans fil du rêve éveillé.

 

Ainsi chaque jour entre chien et loup, l'appartement de Leïla se mattait à bruire de coupes de ciseaux. Petit à petit se dévidaient les bobines de fil ; entre deux gorgées de thé vert lent à passer dans la gorge, entre deux bouchées d'amande ou de miel, la robe  prenant forme.

 

Il préférait agir, disait-il. Le bla-bla, les je t'aime et la guimauve, ça veut dire quoi ? Rien, c'est de la parlotte, c'est bon pour ceux qui ne sont pas capable de tenir leurs engagements.

 

Oui, à chaque coup d'aiguille montait un souvenir, une odeur, une sensation de cette journée-là, de ce moment d'enfance passé avec Dan, à la foire de printemps. A chaque pointe d'aiguille preforant le papier, c'était l'image de Dan lèchant ses joies poisseuses qui surgissait.

 

Ce qu'aimait justement Leïla pendant mes mois de ramadan, c'était la dimension collective du rite. Le groupe poratit l'effort individuel, la volonté collective triomphant des faiblesses de chacun. Ce qui la touchait, les rares fois où elle se rendait à la mosquée, c'était le partage avec ses soeurs, cette bulle protectrice qu'elles hissaient autour d'elles.

 

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