Le bruit du silence

Cvt le bruit du silence 1068

Quatrième de couverture :

Laure, une jeune artiste peintre d’une trentaine d’années, ne s’est jamais entendue avec son père, un écrivain misanthrope qui vit en reclus. Loin de les rapprocher, la mort de sa mère a creusé davantage encore le gouffre affectif qui les sépare. Aussi, quand une tempête de neige contraint Laure à passer la nuit chez lui, appréhende-t-elle ce tête-à-tête qu’ils n’ont jamais eu. À moins que le temps soit venu pour elle de confronter cet homme au silence et au désamour qu’il lui a toujours imposés…

Et si cette nuit de tempête était l’occasion pour ces âmes en perdition de baisser leur garde et de trouver enfin la paix ?

Note : 9.5/10

Provenance : Club lecteurs de la bibliothèque de Saint André les Vergers

Commentaire : Ce livre, que j'ai lu d'une traite, est un concentré d'émotions. Laure ne comprend pas le désamour de son père envers elle, depuis sa plus tendre enfance. François, son père, hait son propre père jusqu'à la naissance de son premier enfant. Simone, la gouvernante de la maison familiale veille sur la famille comme sur les siens. Marc, l'amoureux de Laure, ne comprend pas pourquoi elle ne veut pas s'unir à lui et avoir des enfants. Il met ça sur le fait que Laure ne se remet pas du décès de sa mère, Béatrice. Tout cela se démèle en une nuit, au court de cette soirée où Laura tombe en panne en pleine tempête de neige, après avoir quitté son père, qui, comme à son habitude, l'a ignoré, voir dédaigné. Elle revient dans la maison familiale, et tout va se dénouer. En passant par la haine, puis par le pardon, l'amour va-t-il triompher sur le chagrin et sur ce secret si longtemps enfoui, caché par François et qui a fait le malheur de Laure ? Au fil des châpitres, chacun retrace son histoire, pour aboutir enfin au bonheur de cette famille. C'est beau ! C'st superbement écrit. Cela se lit en apnée. 

Extraits :

Et pour la première fois depuis des années, Laure s'autorise à prononcer à haute voix le mot interdit ; celui qui lui donne envie de hurler à chaque fois qu'il menace de s'échapper de ses lèvres ou qu'elle entend un petit le crier dans la rue. Le mot si doux, qu'elle a tant aimé. Le plus beau du monde. Celui qui vient à l'enfant en premier et qui a été inventé pour définir l'amour ... Maman.

 

Mais au bout de ce jardin, caché par la nuit, il y a cet homme, ce père, qui reste le seul lien de sang, qui la rattache à sa mère.

 

Combien ce mot avait eu du mal à sortir ! Son père ne l'avait pas reconnu. François s'était attendu à tout, sauf à ça. Un son inaudible avait fini par sortir de la bouche de son père, et l'écoulement de bave avait redoublé. François avait pris un mouchoir dans sa poche et l'avait essuyé avec une douceur qui l'avait lui-même surpris. L'homme s'était laissé faire avec un sourire débile. François avait regardé les mains qui avaient porté les coups. Enfant, elles lui paraissaient immenses, ce jour-là, elles étaient si fragiles, si usées.

 

Son père relève la tête et tente de percer la nuit pour la regarder. Elle entend sa respiration, mais rine ne sort des lèvres paternelles. Pas un mot, pas un geste vers elle. Rien que ce putain de silence glacé qui a toujours été de mise entre eux.

 

Il a fallu près de trente ans pour que par une nuit de neige, froide et dure, ils puissent enfin s'aimer et se ragarder. Toutes ces années de haine, de dédain, de colère et de douleur viennent de s'effacer comme par magie. Laure se sent légère, vivante. Jamais, même lorsqu'elle était seule avec sa mère, elle n'avait éprouvé ça.

 

 

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