La tresse

Ob de3554 12 premiers romans 1

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Quatrième de couverture :

Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
  
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
  
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
  
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
  
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

Note : 9.5/10

Provenance : 68 premières fois édition 2017

Commentaire : Trois femmes, chacune au bout du monde, tellement éloignées les unes des autres assui bien culturellemnt que socialement, mais, dont le destin va être lié. Smita, en Inde fuit son village avec sa petite fille, car elle refuse qu'elle passe sa vie, comme elle, à ramasser les excréments des humains pour vivre, ou plutôt survivre. Giulla, en Sicile, travaille dans l'entreprise familiale qui achète des cheveux en Italie pour en faire des perruques. Son père tombe gravement malade, il est dans le coma. Giulla découvre qu'il est ruiné et que l'atelier va mourir. Sarah, à Montréal, ne vit que pour son travail dans un grand cabinet d'avocats. Elle a eu 2 maris, et a 3 enfants q'elle délaisse. Il faut travailler, encore et encore, jusqu'au jour où elle s'avanouit en pleine audience... 

Telle une tresse, l'auteur passe successivement d'un personnage à l'autre, liant leur destin au fur et à mesure. Dés le début, je vois bien où elle veut en venir. Le courage de ces trois femmes, pour s'en sortir, chacune de leur côté est exemplaire, mais elles ne peuvent pas s'en sortir l'une sans l'autre. 

C'est beau, c'est SUPERBEMENT bien écrit, c'est rempli d'espoir et d'émotion. Ce roman est un hommage à toutes les femmes du monde entier que nous met Laetitia COLOMBANI entre les mains.

 

Extraits :

Aujourd'hui tout est planifié, organisé, anticipé. Plus d'improvasatopn, le rôle est appris, joué, répété chaque jour, chaque semaine, chaque mois, toute l'année.

 

Tandis qu'elles s'avancent, Latita lève les yeux vers sa mère, inquiète : ce ne sont pas les camions qui l'effrayent, mais ce monde nouveau, inconnu de ses parents, dans lequel elle va devoir pénétrer, seule. Smita sent le regard implorant de l'enfant ; il serait si facile de rebrousser chemin, de prendre le panier en jonc, de l'enmener avec elle ... Mais non, elle ne verra pas sa fille vomir dans le fossé. Sa fille ira à l'école. Elle saura lire et compter.

 

Une mandarine, c'est énorme et dérisoire à la fois, pense Sarah. Elle ne peut s'empêcher de se dire que si la maladie l'a prise en traite, au moment où elle s'y attendait le moins. La tumeur est maligne, sournoise, elle a oeuvré silencieusement, dans l'ombre, a préparé son coup.

 

Mais elle ne peut plus reculer, elle a prise l'argent sous la jarre du Brahmane, impossible de revenir en arrière. Il faut se lancer, à corps perdu, dans ce voyage qui la mènera loin - ou peut être nulle-part. Ce n'est pas la mort qui l'effraye, ni même la souffrance - pour elle-même, elle ne craint rien, ou si peu. Pour Lalita, en revanche, elle redoute tout.

 

Ce qu'il n'a pas dit, ce que personne n'a évoqué, c'est cet effet plus indésirable encore que le syndrome mains-pieds, plus terrible que les nausées ou ce brouillard cognitif dans lequel, parfois, elle est plongée. Cet effet auquel elle n'était pas préparée, et qu'aucune ordonnance ne viendra soigner, c'est l'exclusion qui va de pair avec la maladie, cette lente et douloureuse mise à l'écart dont elle est devenue l'objet.

 

Elle s'étonne encore de sa crédulité. Elle qui craignait que sa maladie déstabilise le cabinet, se heurte à une vérité plus cruelle : ils fonctionnent très bien sans elle. Sa place de parking sera réattribuée, ainsi que son bureau, ils se battront pour l'obtenir. Et cette pensée l'anéantit.

 

Avec fougue, Giula évoque la qualité des cheveux indiens, reconnue par de nombreux experts : si les asiatiques sont les plus solides, les africains les plus fragiles, les indiens sont les meilleurs, tant du point de vue de leur texture que la possibilté de les colorer. Une fois dépigmentés et teints, ils son en tous points semblables aux cheveux européens.

 

C'est une tradition ancestrale millénaire : faire dont de ses chevux, c'est renoncer à toute forme d'égo, accepter de se présenter à Dieu dans son apparence la plus humble, la plus nue.

 

En s'éloignant du salon, Sarah pense à cette femme du bout du monde, en Inde, qui a donné ses cheveux, à ces ouvrières siciliennes qui les ont patiemment démêlés et traités. A celle qui les a assemblés. Elle se dit alors que l'univers travaille de concert à sa guérison. Elle songe à cette phrase de Taland : "Celui qui sauve une vie sauve le monde entier." Aujourd'hui, le monde entier la sauve, et Sarah voudrait lui dire merci.

 

 

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