La chair

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Présentation de l'éditeur

Pas facile d'accepter son âge quand on a soixante ans, qu'on vit seule et que votre amant vous quitte pour faire un enfant avec sa jeune épouse. Soledad engage donc un gigolo de trente ans pour l'accompagner à l'opéra et rendre jaloux le futur père. Mais à la sortie un événement inattendu et violent bouleverse la situation et marque le début d'une relation trouble, volcanique et peut-être dangereuse.

Soledad se rebelle contre le destin avec rage et désespoir, avec humour aussi, et le récit de son aventure se mêle aux histoires des écrivains maudits de l'exposition qu'elle prépare pour la Bibliothèque nationale.

La Chair est un roman audacieux et plein de surprises, l'un des plus libres et personnels de l'auteur. Son intrigue touchante nous parle du passage du temps, de la peur de la mort, de l'échec et de l'espoir, du besoin d'aimer et de l'heureuse tyrannie du sexe, de la vie comme un épisode fugace au cours duquel il faut dévorer ou être dévoré. Le tout dans un style allègrement lucide, cruel et d'une ironie vivifiante.

Une grande romancière décortique avec acuité et humour les sentiments d'une séductrice impénitente aux prises avec les ravages du temps.

Note : 7/10

Provenance : Club lecteurs de la bibliothèque municipale de Saint André les Vergers

Commentaire : 

Ce roman qui traite le peur de vieillir chez une femme, m’a bien fait sourire. Soledad vit seule, et à ses soixante ans, se loue les faveurs d’un Gigolo, Adam, dans un premier temps, pour rendre jaloux son ex. Elle exerce un métier culturel qui la passionne, elle a une soeur jumelle enfermée dans un asile psychiatrique. Vont s’ensuivrent avec Adam, diverses rencontres et relations, plus ou moins mouvementées.

J’ai trouvé ce livre, à la fois léger et réaliste. Soledad, dans son grand besoin d’amour, est prête à tout pour se sentir désirable.

C’est drôle et c’est un bon moment de lecture.


 

Extraits :

 

Des seins ronds denses, un peu tombants, c’était logique, mais encore jolis. Un corps travaillé au club de gym. Entièrement naturel. Soixante ans. Pour ses soixante ans, elle n’était pas mal du tout. Mais, bien sûr, à partir d’aujourd’hui elle devenait une fîchue sexagnaire.

 

Mais, à mesure que les jours passaient, une sorte de trou avait grandi à l’intérieur d’elle, une sensation de faim ou d’asphyxie, la certitude désolante d’être incomplète. Avec le temps, la folie de l’amour, du désir d’amour, avait commencé à s’allumer dans sa tête. Sans cette flamme éclairant ses jours, la vie lui semblait vide, ennuyeuse et absurde.

 

“La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres”, disait Mallarmé. Et il était pourtant mort à cinquante-six ans. Soledad, plus vieille que le poète, avait eu le temps de se mettre à relire et de s’attrister un peu plus que lui. Le fait est que, depuis plusieurs mois, la mélancolie s’amoncelait en elle comme un brouillard épais et froid. Peut-être était-ce la désolation d’avoir atteint soixante ans, alors qu’intérieurement elle en avait toujours seize.


Soledad ne lui avait pas raconté qu’elle n’avait pas, elle, de famille, que son père les avait abandonnées, que sa mère était une ennemie et que sa soeur était internée dans un hôpital psychiatrique : quand vous vous sentez aussi différent, vous préférez oublier ce qu vous êtes. Mais elle comprit parfaitement que Pablo ait une autre vie, une vie meilleure, et que Noël ne pouvait pas être à elle.

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