il n'y a pas internet au paradis

 

Il n y a pas internet au paradis 1 couv web

Ob de3554 12 premiers romans 1

 

 

Quatrième de couverture :

Gentiment bourgeois bohèmes sans être tout à fait dupes, Alex et Aliénor s’aiment, envisagent de faire un enfant ou deux, et de se déconnecter d’un monde qui va trop vite. Mais la Grande Entreprise en a décidé autrement. À coups de réorganisations, elle consomme de l’être humain comme une machine du carburant : sans états d’âme. 
Entre chagrin et souvenirs, la colère d’Aliénor monte contre l’entreprise, mais aussi contre Alex, à qui son amour n’a pas suffi pour continuer à vivre. Et puis le deuil se fait, Aliénor commence une existence nouvelle, un peu hésitante, avec une seule certitude : face à l’adversaire, il ne faut pas plier. 
Sans rien masquer de la souffrance de son personnage, l’écriture enlevée, touchante et drôle de Gaëlle Pingault réussit à tenir à distance la cruauté des entités déshumanisées pour laisser à l’individu toute la place, car en continuant à chercher son paradis sur cette Terre et dans cette vie, il est le seul grain de sable capable de gripper la machine.

Provenance : 68 premières fois édition septembre 2017

Note : 9/10

Commentaire :

C’est l'histoire banale d’un couple marié depuis 10 mois, avec des projets plein la tête, notamment celui de fonder une famille. Alex travaille dans une entreprise où son chef se croit tout permis avec ses collaborateurs. Là où cela devient moins banal, c’est  qu’Alex ne supporte plus son chef et son travail et en arrive à un point de désespoir, où il se suicide, laissant sa femme Aliénor avec ses questions et sa culpabilité. Elle ne saura jamais et ne comprendra jamais pourquoi il fait fait ça. En ressassant encore et encore, elle apprend à vivre sans lui, petit à petit, malgré le vide, elle réapprend les gestes du quotidien. Elle part au combat contre le supérieur de son mari qui la fait taire d’une façon ignoble (que je ne révèlerais pas, laissant au lecteur découvrir la bassesse de certains humains).

C’est un livre tendre, triste, parfois drôle (j’ai souris à certains passages). Le deuil et le combat d’Aliénor sont magnifiques et montrent combien on peut être affecté par ce genre de décès. Un premier roman écrit avec des mots à la fois justes et cinglants qui m’ont beaucoup touché. J’ai refermé ce livre avec une grande émotion.

 

“L’année dernière, lorsque nous avons commencé à réfléchir à une autre vie, à mettre des mots sur ce désir latent que nous avions l’un et l’autre de mettre un grand coup de pied dans la fourmillière de notre vie citadine, stressée, encombrée d’un travail vide de sens pour toi et pas-tout-à- fait-mais-presque-pour moi, tu m’as ressorti la formule “Tu sais quoi, Aliénor ? Il faudrait qu’on se trouve une vieille baraque avec un puits et un bout de terre, au milieu de nulle part. Dans un coin sans Internet. Un paradis, quoi.””

 

“Être la veuve d’un suicidé est un truc indémerdable. Entre la colère et la pitié, quelle place reste-t-il pour la peine, la vraie ? Comment fait-on son deuil quand on plaint son disparu autant qu’on lui en veut ?”

 

“Sait-on seulement à quel point il est facile de détruire des hommes ? Des êtres sans histoire et san fêlure particulière ? Des hommes solides, bien campés sur leur jambes, qui ont déjà vu dans leur vie et à qui on ne la fait pas ? Des hommes au clair avec eux-mêmes et bien dans leurs pompes ?”

 

“Par quoi commence-t-on ? Par où reprend-t-on un genre de vie normale quand on a perdu son homme comme le mien ? Peut-on encore parler de vie normale ?”

 

“Il n’y a pas d’enjeu pour moi, cet argent ne m’est pas destiné. Mais je veux gagner. Ce sera une façon comme une autre de refermer ce dossier. Du moins pour la partie qui veut se refermer. POur le moment du reste, il me restera à vivre sans toi. Vaste programme.”

 

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