Une famille normale

Une famille normale de Garance MEILLON

Une famille normale, constituée de Cassiopée, la mère, Damien , le père, Lucie, 16 ans la fille, et Benjamin, 13 ans, le fils.
L’histoire commence avec le décès de la mère de Cassiopée qui va déclencher un tas d’évènements dans la famille. Au fils des chapitres, chacun, nous raconte, à sa façon, avec son ressenti, ce moment, les sentiments qui bousculent leur vie.

J’ai beaucoup aimé ce livre, que je qualifierai de “normal”. L’auteur nous fait vivre les moments de la vie d’une famille qui pourraient être la vie de monsieur et madame toute le monde. L'écriture est tellement fluide et les personnages attachants, que la lecture se passe sans temps morts.
Un très bon premier roman rempli d’émotion et de sentiments.


Extraits :

Petite, j’avais honte quand elle venait me chercher à l’école. Toutes les autres mères portaient des colliers, des vestes en tweed, des petits talons. Ma mère arrivait en pantalon à carreaux et perfection en cuir. Elle ne prêtait jamais attention aux autres mères, ou alors leur adressait un sourire radieux, dans lequel pointait l’insolence, lorsqu’elle croisait leur regard effaré. Elle fait des joints devant mes copines. Je suis sûre qu’elle s’en est roulé un avant de se mettre au lit, le soir de sa mort.

C’est une bataille qui commence par des gestes simples. Je fais silencieusement du café, et je mets la table du petit déjeuner. Je pose les couverts à la bonne place. Le jus d’orange, les céréales, les pains au lait. Je suis un bon mari, je suis un bon père. Je le sais et ils le savent.

Patricia et moi avons dîné l’une en face de l’autre, très simplement. Elle avait fait un gratin de légumes. Je lui ai parlé de mes enfants, de ma fille que je ne comprenait plus, de mon fils qui s’était retiré en lui-même. J’ai laissé de côté Damien, ce serait pour une autre conversation, un autre jour.

En contemplant les achats de Lucie et les sacs de toutes les tailles jetés çà et là dans sa chambre, je songeai aux absurdes contradictions de l’Histoire. Il fut un temps où les hommes étaient prêts à mourir pour briser les fers qu’on avait refermés de force sur leurs pieds et leurs mains. Aujourd'hui nous choisissons volontairement d'enchaîner, nos poignets aux anses de nos sacs de shopping.

Je me félicitai d’avoir vidé l’appartement. L’amour était enfin revenu avec ma femme comme je ne l’avais encore jamais fait, même pendant notre nuit de noce. Elle avait changé depuis la mort de sa mère, et d’une certaine façon j’étais reconnaissant à cette vieille hippie de l’avoir libérée. Cassiopée avait toujours eu une relation étrange avec sa mère, une sorte d’affection courtoise mêlée de honte. La mort avait laissé place à la vie, et nous étions bien vivants, sur le sol, tous les deux, en cette fin d’après midi. Peu importe où elle avait passé la nuit ! Elle était revenue.

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Commentaires (1)

Saxaoul
Je vais bientôt le commencer et ton avis me rassure un peu. J'avais lu quelques réserves....

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