Un si joli mois d'aout

ImageUn si joli mois d'août de Pierre Etienne MUSSON.

Je qualifie ce livre de “Poignant”

Inès et Antoine forment un jeune couple et vivent dans une petite commune de Sologne ou Antoine est “maitre d’école”.
Le 21 août 1914, Antoine est mobilisé et doit partir à la guerre.
Il revient en permission en mars 1915. Son comportement a beaucoup changé. Il souffre d'injustice envers ceux qui sont restés et surtout de jalousie. Peu de temps après, il est touché par un obus qui lui en enlève une partie du visage, mais surtout il sombre dans la folie. Il est hospitalisé dans un ancien lycée à Paris, ou Inès le visite aussi souvent qu’elle le peut. Le jours passent sans amélioration de l’état mental d’Antoine. Inès doit s’organiser pour travailler. Elle rencontre un cinquantenaire, Isidore, collectionneur de papillons, qui lui propose de s’installer chez lui.
Antoine qui est déclaré guéri de ses blessures corporelles, est transféré dans un hôpital ou les méthodes à titre d'expérimentation, devraient le sortir de sa torpeur. Inès décide de tirer un trait sur son mari et de l’abandonner. Elle se crée une autre vie à Paris dans la haute société.

J’ai trouvé ce livre passionnant.  Non seulement, l’auteur nous décrit les horreurs de la guerre, mais aussi ce que subissent ceux qui restent (épouse, soeur, parents). J’ai eu un peu de difficulté, dans un premier temps dans la non chronologie (on passe de 1914 à 1916, pour revenir en 1915, et ce tout le long du livre), mais je m’y suis vite habituée.
Ce livre m’a appris les horreurs des soins expérimentaux qu’ont pu subir certains blessés. 
C’est un roman poignant, très bien écrit qui m’a fait passé un super moment.


Extraits :

Ah, tout de même, en voilà un ! fit-il avec un sourire satisfait. Vous êtes mon premier rescapé dans les “R”. C’est étonnant cette loi des séries. Comme dans les “L”  d’ailleurs ! Par contre, les “F” ont eu de la chance, pas un seul tué ! C’est un jour à s’appeler Fantin ou Frémier. Ah, le hasard des lettres tout de même, conclut il avec un fatalité de bonne aloi ! Bon où en étais-je ?

“Antoine, je te prends comme époux dans la richesse et la pauvreté, dans la maladie et l’adversité, pour le meilleur et pour le pire.”
La jeune femme prit d’un coup la plein mesure de ces paroles, récitées à l’époque comme une leçon bien apprise. Elle n’en avait jamais mesuré l’exacte portée, mais à présent ce serment sacré se rappelait à son bon souvenir. Une existence entière l’attendait pour s'accommoder du pire.

La fille en question avait la chtouille et une fameuse encore, vous pouvez me croire. J’ai trempé mon biscuit e fermant les yeux vu que c’était pas très ragoûtant. Mais bon, faut ce qu’il faut. Vous savez quoi, les gras, avant trois semaines, qui c’est qui sera réformé ? C’est Bibi ! D’accord ça m’a coûté un bras, vingt francs, vu qu’c’te grue n’a pas voulu me faire de ristourne, mais bon, ça reste sûrement le meilleur placement du moment. Bien mieux qu’un emprunt de la Défense nationale ou d’une obligation d’état ! Je vous l’dis les copains, cette saloperie de guerre va continuer sans moi ! Un syphilis, ça se soigne toujours mieux qu’un obus dans la tronche.

Isidore s’était résolu a prendre les choses en main. Le chagrin d’Inès, sa mélancolie, sa langueur de chaque instant lui causaient une peine immense. c’était inhumain de demeurer ainsi sans nouvelles de son mari, de continuer à vivre sans l’ignorance de son sortir de n’avoir aucune sépulture sur laquelle se recueillir, d’être condamnée à ne jamais pouvoir faire son deuil….

 

 

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