Moro sphinx


 

Moro - sphinx de Julie ESTEVE

Je termine ce livre essouflée…

Lola, jeune femme à la trentaine, offre son corps à qui veut, là où il veut, quand elle en a envie, et elle en a souvent envie. Sa particularité, elle coupe les ongles des hommes qui la possède et les garde dans un bocal, on ne sait pas pourquoi et cela reste à la fin du livre, un mystère.
Lola finit par tomber amoureuse, mais va - t - elle arriver à vivre cet amour ? 

Ce roman se lit presque sans respirer, tellement il est rythmé. Ça file, c’est presque épuisant de suivre Lola dans son histoire. J’ai enchaîné les jours à une vitesse éfrénée. C’est bien écrit, c’est fluide, c’est beau, c’est un bon roman ! Un grand plaisir de lecture.

Etraits :

Le gars se tourne à moitié, scannant de haut en bas l’inconnue. Les hommes ont cette effroyable faculté de savoir en quelques secondes et selon une grille de critères toute personnelle si une femme est mettable ou pas. Avec le temps, certains deviennent moins regardants sur le fermeté de la poitrine, la finesse du grain de le peau ou le niveau d’éboulement fessier. Il trouve Lola canon.

Elle était face à lui et il fallait qu’elle sache la saloperie qui se cachait derrière. Elle le sentait que c’était de la saloperie. Elle le pointa avec son index, le doigt comme un petit fusil. Pas une mais six définitions, petits points à la ligne, s’étiraient sur le feuille. Il faudrait qu’elle pige les six et qu’elle en épargne une. Elle choisit au cœur de la liste un tout petit bout de phrase, “porter le deuil”. Porter le deuil, ça faisait sens. Elle s’imagina enfiler un vêtement trop petit que lui avait acheté sa mère, une robe à volants qu’elle adorait. Elle s’imagina dédain comme un besoin d’enfance.

A la fin de la journée, elle jure, elle n’aimera plus jamais personne et surtout pas ce voisin Dove. Elle ne touchera plus sa peau, elle ne regardera plus ses yeux, elle n’entendra plus sa voix, elle ne goûtera rien de ses lèvres, elle n’attendra pas des heures, des jours, des mois que ça meure.

Lola sourit péniblement. C’est une chose d’avoir un mec, mais partir - loin, avec, déjà -, passer des heures et des jours à se rencontrer, elle n’y arrivera pas. Elle n’a pas assez de légèreté en réserve, elle va êêêtre à sec, très vite. Elle se lève fragile, les guibolles claquent des dents.

La Grèce lui a volé une partie d’elle - même. Elle les a oubliés, simplement oubliés sur le sable. Oubliés les ongles, les hommes qui l’ont traversée, ses petites ordures à elle. Elle a oublié.

 

 

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Commentaires (1)

L'ivresse littéraire
  • 1. L'ivresse littéraire (site web) | 03/07/2016
Coup de cœur pour ce roman. Comme tu le dis si bien c'est un roman toujours en mouvement, aux phrases haletantes. Julie Estève nous offre là un premier roman d'une grande puissance.

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