Le grand marin

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Le grand marin de Catherine POULAIN

Une femme qui part sur un bateau en tant que marin pécheur en Alsaka. Cette femme est en situation illégale. Elle travaille comme un homme, et passe de bateau en bateau pour pêcher et toujours pêcher. Elle rencontre, Jude, le grand marin avec qui elle a une liaison.

Un livre à lire avec un ciré et une paire de bottes, tellement on prend les vagues et les embruns. Un livre rafraîchissant sur une femme dans un monde d’hommes.

J’ai trouvé ce ivre très bien, quoique, je me sois quand même un peu lassée, au fil des pages de toute cette pêche.

Extraits :

Comme s’il était l’unique éveillé de l’univers entier, vigile qui ne doit pas faiblir, ses amours terriennes devenues des galets brûlants qu’il caresse en lui et qui brillent dans la nuit.

Jude avale chaque matin une poignée d’aspirine. Moi c’est au soir, quand la fièvre me reprend. Mon sommeil est habité par l’océan. Je suis dans la vague. Je me tourne sur ma couchette et c’est le courant qui change et qu’il me faut suivre. Des frissons me secouent et c’est le vent qui m’agite, j’agrippe un vêtement humide roulé en boule sur ma couchette, c’est un poisson qui m’échappe, je me débats, je crie : Je suis dedans ! Je suis dedans ! et je suis roulée dans une vague noire. Un homme marmonne : – Ta gueule Lili, c’est juste un rêve…

Le vent tombe. Le ciel s’ouvre et un soleil très pâle se montre. C’est Jesse qui a aperçu le premier le jet qui s’élève dans la brume. Il suspend son travail, tend le bras. Le skipper arrête l’hydraulique. Chacun aura le temps d’admirer la forme sombre qui n’en finit plus de surgir de l’eau, la moitié de son corps s’élever comme au ralenti, avec une majesté et une grâce infinies. Dans les yeux des hommes, ce même émerveillement toujours quand ils croisent la reine des mers.

Nous avons longé l’eau. Elle miroitait au soleil. Le petit port, à peine un ponton de bois entre ses bateaux de pêche en attente. Je ne savais plus s’il me fallait continuer de le suivre. Il semblait lourd et fatigué, amer peut-être, la mer, la vraie mer était si loin, si loin de nous le large et le marin qui lui faisait face. Au lieu de cela les rues trop peuplées, la confusion des bars, et cet homme qui marchait avec lassitude, son sac alourdi de bière. J’ai continué pourta

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