Le carré des Allemands

 

Le carré de Allemands de Jacques RICHARD

Ce livre est écrit sous forme de carnets, où chacun se raconte, enfin, raconte l’autre... le fils qui raconte le père qui a participé à la guerre, celui qui a tué, des hommes, des femmes, et même des enfants. Les phrases claquent comme des coups de fusils. Elles sont brèves et font mal.

Ce livre est intense et émouvant.

Extraits :

Pourquoi s’engage-t-on à dix sept ans ? Pour voyager, pour quitter la pauvreté, le pavé, le métro. Pour vivre une aventure. Pour vivre tout court. Même si voyager, vivre, c’est faire la guerre, cette guerre là, même si c’est cette guerre là, c’est aider à tuer des hommes, des femmes et des enfants. La guerre, sa guerre, c’était ça. Un monde devenu obscur. Il a pénétré, s’est engagé sur la face noire. Là, tout est possible. Tout peut se faire. Et c’est ce qu’il a vu faire, ce qu’il a laissé faire. Ce qu’il a fait. Je ne sais pas. 

Toute ma vie est passée. Et elle était entre les parenthèses de ça. Derrière la vitre de ça. De ces récits inavouables. De cette histoire irracontable, même par moi qui n’y étais pas. L’histoire d’un de ces paumés, revenus étranger comme tous les autres, comme ce chat, c’est l’histoire tout court. Peut être pas tout à fait vraie, mais pas fausse non plus. C’est tuer des gens. Broyer des vies. Le crime était collectif, mais chacun l’a commis seul. Chacun s’est trouvé seul avant, pendant, après. Tout seul avec ce qu’il s’est passé, tout seul devant l’horreur. On est aussi seul quand on la commet que quand on la subit.
Histoire d’un criminel de guerre.

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