En attendant Bojangles

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En attendant Bojangles de Olivier BOUDEAUT

Je qualifie ce livre de “Déjanté”

L’auteur nous raconte sa vie de petit garçon entouré de parents dans un fonctionnement complètement marginal.
Le père ne travaille pas, car la mère veut le garder prêt d’elle toute la journée. Cette Mère qui va faire un séjour à l’asile après un incendie provoqué dans l'appartement. Le père qui change le prénom de son épouse toutes les semaines. Les parenst qui passent des nuits à danser sur Bojangles…
Cet enfant, qui pour paraître normal aux yeux de ses camarades et de son enseignante doit mentir et s’inventer une vie pour être dans les normes.

Quoique déçue par ce livre, après la tapage médiatique, je m’attendais à une petite bombe, j’ai trouvé ce livre distrayant, plaisant et rapide à lire, mais sans plus.
J’ai eu un petit pincement au coeur pour cet enfant qui vit, quand même, avec des parents complètement “tarés”, qui quand on arrive à la fin, sans dévoiler quoi que ce soit, se retrouve dans un abandon complet.


Extraits :

Tout le temps il chantonnait, mal. Parfois il sifflotait,
tout aussi mal, mais comme tout ce qui est fait de bon
cœur c’était supportable. Il racontait de belles histoires
et, les rares fois où il n’y avait pas d’invités, il venait plier
son grand corps sec sur mon lit pour m’endormir. D’un
roulement d’œil, d’une forêt, d’un chevreuil, d’un farfadet, d’un cercueil, il chassait tout mon sommeil. Le plus
souvent, je finissais hilare en sautant sur mon lit ou caché
pétrifié derrière les rideaux.

Alors ma mère, se servant de son parapluie comme d’un
bouclier, fit dévaler les escaliers au porte-glaive de la fiscalité qui s’accrochait à la rampe en grognant vaillamment.
Il tombait, se raccrochait, dérapait, se rattrapait. Maman
mit son sens du devoir à rude épreuve. Un court instant,
j’ai même pu apercevoir sa longue carrière défiler dans
son regard rouge et obstiné. Au moment où Papa réussit
à la stopper en la prenant dans ses bras, elle avait fait
descendre l’impôt de plusieurs paliers déjà. Et, après deux
rappels menaçants par l’interphone, le monsieur des
impôts et de la fiscalité s’en alla chercher de l’argent pour
ses ronds-points ailleurs, chez d’autres gens. Après avoir
beaucoup ri tous les trois, papa demanda :


Alors, avec une immense tristesse, Papa avait accepté de
boucher toutes les meurtrières, il avait balayé la poussière, enlevé les toiles d’araignées pour installer un lit
dans le grenier. Il fallait vraiment être très amoureux
pour accepter d’enfermer sa femme dans cette pièce
infâme pour qu’elle se calme. À chaque fois que la folie
arrivait, c’était l’horreur de regarder Papa la monter dans
son grenier. Maman hurlait, et lui, il lui parlait tout
doucement parce qu’il ne pouvait pas faire autrement.
Moi je me bouchais les oreilles, et quand ça durait trop
longtemps, je descendais au lac pour tenter d’oublier les
cochonneries que la vie nous envoyait, mais parfois,
même du lac j’entendais les cris de Maman alors je chantais très fort en attendant que les hurlements deviennent
des chuchotements. Une fois gagnée sa bataille contre les
démons, son combat contre elle-même, elle tapait à la
porte et sortait victorieuse du grenier, très épuisée et un
peu honteuse aussi. Même si elle était toujours fatiguée
après ses crises du grenier, Maman n’arrivait jamais à
dormir la nuit, alors elle prenait des somnifères. Car
quand elle dormait, aucun démon ne venait l’attaquer,
et elle pouvait profiter du repos de la guerrière.

Il était venu partager
notre peine et finalement il était arrivé avec la sienne, ça
faisait beaucoup de peine au même endroit, alors, pour
la noyer, Papa avait ouvert une bouteille d’un liquide
tellement fort que je ne l’aurais même pas versé au pied
du pin pour le faire tomber.

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Commentaires (2)

Martine
Coucou Nathalie, Je visite ton blog et je le trouve très bien fait. Vraiment! Toutes mes félicitations! Et merci pour cet avis partagé! Malgré tout l'enthousiasme qu'il génère, ce premier roman m'a semblé un peu trop extravagant, irréaliste aussi. Au plaisir de nouveaux partages littéraires et bonne journée, Nathalie!
le-chat-qui-lit
  • 2. le-chat-qui-lit (site web) | 11/05/2016
Merci Martine !!!

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