89 mois

 

89 mois de Caroline MICHEL

Jeanne a 33 ans. Elle désire un enfant avant ses quarante ans, soit 89 mois. Mais Jeanne est célibataire. Elle ne veut pas fonder un couple, juste trouver un homme qui lui fasse un enfant, au grand désespoir de sa mère.
Courbes de température et tests de grossesse en main, elle se met en quête du géniteur de sa fille (car ce sera une fille bien sûr et elle s'appellera Augustine).
Cela tourne à l’obsession.
De déception en déception, mois après mois, Jeanne aura - t - elle cet enfant avant l'échéance qu’elle s’est donné ?

Ce livre est léger et est un bon moment de lecture.
L’écriture est agréable et le texte est drôle.
J’ai passé un agréable moment dans ce livre, espérant, au fil des pages, qu’elle soit enfin enceinte, mais la vie réserve parfois des surprises...

Extraits :

Il me tend le sel en disant “Félix”. Je lui réponds que normalement un objet qu’ l’on prête s’appelle “revient”. Il esquisse un sourire tout maigre pour ne pas me vexer, parce que me blague est aussi drôle qu’un dimanche soir qui précède un lundi.

Boris raconte cela avec désolation mais ne semble pas abasourdi. Il a compris tout un tas de choses et veut fonder une famille, désormais. Il attend la bonne personne, il dit qu’il ne faut pas se précipiter, qu’il faut faire les choses bien. Tout ce que Léo voulait que j’entende.

Je me retourne les yeux grands ouverts et certainement luisants. Et je revois ce visage que j’ai perdu un matin de septembre, celui qui s’est décomposé, d’un coup d’un seul, qui a décidé de tout enterrer et qui a fait son sac en prenant soin de tout embarquer. Enfin, sauf mon désir d’enfant.

Alice pense que tu n’as rien demandé. Tu prends tellement vie que je suis persuadée que tu m’attends autant que je t’attends. Tu me réclames, je t’entends déjà. On cassera la gueule à tous les égoïstes, les vrais, ceux qui n’agissent que pour leur petit confort et oublient celui des autres.

Cohen trouve un dysfonctionnement dans mon petit corps en relisant le dossier, qu’il pointe du doigt un gros problème, me colle quinze examens et m’annonce que “tout s’explique”. J’aurais même été prête à entendre que je ne suis pas baisable. Mais non. Rien ne m’empêche  de tomber enceinte. C’est trop lisse. Je le sens comme une phobique de l’abandon qui aurait aimé voir ses parents divorcer pour mieux comprendre son angoisse incessante d’être quittée.

 

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