Lucie ou la vocation

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Lucie ou la vocation de Maëlle GUILLAUD

 

Lucie décide d’entrer au couvent. Elle a 19 ans et devient Soeur Marie Lucie. Son amie, Juliette, même si elle considère le fait que Lucie se retire du monde comme un abandon, reste en contact permanent avec elle, tout en vivant sa vie de femme passionnée.
Chacune doute du chemin que l’autre a pris et elle expriment souvent de la colère l’une envers l’autre.
A travers cette histoire de deux jeunes filles, et plus précisément celle de Lucie, nous découvrons l’univers surprenant du noviciat, puis de la prise du voile, la vie qu’y mènent des jeunes femmes, qui ressemble presque à de l’enfermement. Les règles y sont strictes, les sanctions souvent dégradantes ; (il faut manger pour grossir, afin que le corps ne soit plus désirable, joli à regarder). Des jeunes filles qui vivent un grand amour avec le Christ dont elles sont les épouses.

Ce roman est superbement écrit et m’a fait découvrir, par l’intérieur, un fonctionement de vie que je ne connaissais, ni ne soupçonnais  pas (et pourtant un membre de ma famille vit dans un couvent depuis presque 50 ans).
L’auteur nous livre une bien jolie histoire d’une vie hors-norme, choisie par l'héroïne, puisqu’à un moment, il est possible de faire marche arrière, où malgrés un fonctionnement qui me parais un peu “barbare”, elle trouve le bonheur et l’amour.

Un bien joli livre que ce premier roman !

 

Extraits :

 

Tandis que les stations défilent, elle se convainc qu’elle a fait le bon choix. Puisque Dieu reste sourd à ses appels, autant se tourner vers l’un de ses fidèles. Un homme de l’intérieur, un homme qui de ce monde en connaît les coulisses, les codes. Un homme qui sache l’écouter, comprendre ses doutes.

 

Le dernier mot a claqué.

L’année du noviciat est celles des commencements. des découvertes, des joies, mais de nombreuses épreuves aussi vous attendent, mes soeurs, comme tout fianc”e qui fait l’apprentissage de l’amour. Et l’amour, vous le savez, mes chères enfants, se construit en surmontant ses déceptions.

 

Il faut tout gommer. Elle aimerait être une machine que l’on réinitialise. Provoquer une amnésie volontaire. Et surtout, ne plus rien ressentir pour ne plus souffrir. Ici, tout  lui manque. Sa famille, ses amis, rire, étudier. Être vivante. Cet endroit est pire qu’un tombeau. Elle se gifle. Prends ça ! Tu es incorrigible ! hurle - t - elle dans sa tête. Elle tourne le robinet d’eau froide à fond. ça t’apprendra ! Elle grelotte sous le jet glacé, et les pensées continuent de l’assaillir. Jamais elle n’y arrivera… Elle se laisse glisser sur le sol et sanglote.

 

Elle est prise de tremblements. Elle n’était qu’une enfant, mais se souvient des mots de sa mère. Les mêmes. Elle, elle ne pensait qu’à cette corde qui avait lâché et revoyait, nuit après nuit, le corps de son père chuter dans le vide. Elle serre ses mains l’une contre l’autre.

 

Mais tu es dans un prieuré, pas au Paradis ! Ce sont des religieuses, pas des anges. Chaque jour, elle mènent le même combat que toi, elle luttent contre leurs mauvaises pensées. Et c’est ce combat qui est d’une immense beauté, ne le vois - tu pas ?

 

Oubliez vos repères d’autrefois. Oubliez vos quêtes de minceur. Ici, le corps n’est qu’une enveloppe, crache - t - elle. Un amas de chair inutile. Il n’a qu’une fonction : vous porter. Et vous, vous n’avez qu’une mission : servir Dieu. Vous êtes les ouvrières du Créateur, celles qui, jour après jour, Le Louent. Celles qui se donnent sans compter. Et, si l’amour du Seigneur vous porte, vous devez y mettre du vôtre ! Ce n’est tout de même pas sorcier ce que je vous demande !

 

Elle est encore assise sur son lit. Elle ne sait pas depuis combien de temps il est parti. Ne pas bouger pour ne surtout pas en rompre la magie ou en perdre la saveur. Se laisser noyer encore un peu dans cette onde de plaisir. L’instant est inimaginable. Miraculeux.

 

Ils en parlent …...

 

Par STANISLAS RIGOT, Librairie Lamartine, Paris (page n179)

Lucie croit. Et sans qu'elle n'ait l'ombre d'un doute, cette foi l'emplit de bonheur depuis longtemps. Ses études supérieures sont difficiles, mais au-delà de la pression et des contraintes, Lucie sent bien que sa place n'est pas vraiment là. Un jour, après réflexions, elle franchit le pas et rejoint une congrégation à Paris. Avec elle, nous pénétrons dans cet univers clos aux personnages hauts en couleur (la mère supérieure et son doberman !), aux règles souvent surprenantes et à la discipline de fer. Parallèlement, nous suivons Juliette, la meilleure amie de Lucie, qui, en pointillés (les visites sont rares et de courtes durées) mais coûte que coûte, essaye de maintenir un lien avec celle-ci. Regards croisés, doutes, colères et joies, Maëlle Guillaud entrelace les deux destins et donne à son sujet tout le relief nécessaire sans tomber, ni dans l'analyse, ni dans le pédagogique. L'incertitude planant sur la direction que prend le récit et les retournements d'une situation décidément bien étonnante n'en rendent ce premier roman que meilleur.

 

 

 

 

 

 

 

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