L'origine de nos amours

L’origine de nos amours de Erik ORSENNA

Quand le père et le fils divorcent en même temps, des liens se renouent et la réflexion se lance sur cette malédiction qu’ont les deux hommes à pouvoir garder leurs épouses.

Erik Orsenna nous emmène dans un livre plein de fantaisie, nous racontant la relation tout aussi ambiguë qu’il l’unit à son père sur la fin de sa vie.

J’ai trouvé ce livre très plaisant à lire. Le ton est léger et parfois drôle, mais avec beaucoup de tendresse.


Extraits :

Au délice alors ressenti de jouer avec la vérité, à cette soudaine et vertigineuse impression de liberté, j’ai deviné que désormais je ferais tout pour les éprouver à nouveau. Plus tard, allongé dans mon lit, ma lampe éteinte, je me souviens de m'être dit : quand tu mens, des ailes te poussent. Plus rien ne t’impressionne.
Et je me suis endormi oiseau.
Ainsi naissent les vacations de romancier.

Vous avez tout de suite compris que, dans notre famille, c’est notre soeur que le Créateur a dotée d’esprit pratique. Elle avait commencé une carrière brillante chez Europ Assistance. Quand, pour mieux s'occuper de sa famille nombreuse, elle a décidé de tout abandonné, adrénaline, responsabilités, bon salaire et perspectives plus alléchantes encore, son directeur s’est désespéré.

Les travaux de rédaction rapprochent. On se penche l’un vers l’autre, on se frôle, on se touche, et les esprits communiquent forcément. C’est mécanique, professionnel, pas sentimental. De temps en temps, je surprenais certains coups d’oeil d’Isabelle jetés sur ma propre personne. Parfois on aurait presque dit de l’affection, de la tendresse, voire de l’amour.

D’ordinaire les hommes sont plutôt taiseux. Ils croient, les imbéciles qu’ils n’ont pas de temps à perdre avec les “il était une fois”. Et que dire, c’est s’épancher, et que les mots personnels sont comme les larmes, juste bons pour les femmes.

S’il vous plaît, Françoise, encore une minute. J’ai appris que pour déclencher une maladie, il faut le plus souvent que se combinent plusieurs gènes. Pour note cas, ce serait là ère de la passion des voyages allié au gène de la curiosité allié au gène de la timidité surmonté pas le gène du culot …


L’Origine de nos amours
Erik ORSENNA
 (lire, mars 2016)

LE LIVRE
Les aimants sont de drôles d’objets qui aiment l’incongruité. Cette idée, par exemple, que les contraires s’attirent, tandis qu’« en matière d’amour, c’est plutôt la ressemblance qui fait les unions durables ». Spécialiste des dits aimants, le père d’Eric Arnoult est un « éclopé de la conjugalité », un sosie de Clark Gable capable de séduire n’importe quelle femme, mais de n’en garder aucune – une tare qu’il semble bien avoir transmise à son fils.
Longtemps quasi étrangers, les deux hommes se sont rapprochés durant l’été 1975, celui où ils divorcèrent tous deux à quelques jours d’intervalle. Sur l’île de Bréhat, le père et le fils ont alors commencé à parler d’amour, de ces « moments magnétiques » qui rendent la vie électrique. Des échecs sentimentaux, surtout, de ces relations « catastrophiques » dont l’origine pourrait bien remonter à un certain Augustín Arnoult, séduisant tailleur cubain installé à Trinidad et à l’existence rocambolesque...
Avec facétie et émotion, Erik Orsenna dresse une cartographie intime de sa famille dans ce roman riche et foisonnant, comme inspiré par la plume d’un García Márquez.
On y visite Versailles et les Sept-Iles, on y croise Fidel Castro et Julien Gracq. On s’y amuse aussi du bonheur et des « vérités mensongères », en tâchant d’oublier la triste charrette de l’Ankou. Avec L’Origine de nos amours, l’auteur s’aventure ainsi dans le plus mystérieux des territoires, celui des sentiments et des intermittences du coeur. Comme une déclaration d’amour nécessaire, aux femmes, à l’écriture, et à ce père romanesque jusque dans sa disparition.

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