Dans les prairies étoilées

 

Dans les prairies étoilées de Marie Sabine ROGER

Merlin et Prune s’achètent une maison à la campagne. Merlin est illustrateur. Il est auteur de bandes dessinées et il dessine des animaux pour des livres animaliers.
Merlin et Prune sont heureux et se prépare à vivre une vie paisible dans la petite ferme qu’ils rénovent.
Mais, Merlin apprend la mort de son meilleur ami, Laurent, qui était le modèle du héros de sa bande dessinée.
Dans une lettre posthume, Laurent demande à Merlin de faire mourir son héros “Toi seul, décideras de l’heure, du lieu, des circonstances”, mais seulement après lui avoir fait découvrir l’amour. 
Merlin perd l’inspiration. Arrivera-t-il à écrire son XIVème album, en respectant les volontés de son amis .

Comme à son habitude, Marie Sabine Roger nous livre, un sujet sensible, écrit avec tendresse et humour.
Ce livre, dont la perte d’un être cher, est le fil conducteur, est un vrai moment de sourire, de rire et de bonne humeur.
Les personnages sont attachants. J’ai trop ri quand Merlin assouvit ses vengeances, dans le dessin et le scénario qu’il envisage sur sa voisine de train “je me suis demandé si la pauvre n’allait pas se retrouver afficher d’une bonne syphilis de derrière les fagots. Ô drame, Ô tragédie ! … J’ai décidé que si. Et de la gratifier d’une colonie de morpions, pour faire bonne mesure.” Et je passe sur la vengeance du facteur et la description de Tante Foune…

Une fois refermé le livre, il y a un manque. Envie d’y retourner et de rire encore.
Mais la fin m’a laissé un peu sur ma faim… 

Extraits :

J’ai beau m’appeler Merlin - merci à mes parents et à monsieur Disney pour ce cadeau merveilleux qui a pourri mon enfance - ma magie est un peu impuissante, n’en déplaise à ma toute belle qui m’attribue sans hésiter des aptitudes que je n’ai pas.

Cette maison me plaisait, elle plaisait à ma belle. Elle nous promettait des saisons de bonheur. Et j’aime voir ma douce enthousiaste, avec ce grain de sel et de piment oiseau qu’elle met dans sa folie, et qui me l'a rend indispensable comme l’air que je bois et l’eau que je respire. Dans mon atelier personnel, tout de suite à gauche en entrant dans ma boite crânienne, j’ai au moins cent quinze volumes de la série ma Prune, sur lesquels je travaille, chaque jour, chaque nuit.

On a peu de mots dans ces cas là. Pas tellement de dessins qui viennent, d’idées de croquis poilants à faire pour se marrer, non. L’humour, ça vient plus tard, lorsque ça cicatrise.

J’ai rectifié d’un coup de gomme. Voilà pourquoi je préfère le dessin à la vie. On peut faire, défaire, changer à l’infini, ou presque, autant de fois que nécessaire.

Nous n’avons pas parlé pendant tout le trajet. Avec elle, ne rien dire n’est jamais un effort. C’est le privilège des gens qui s’aiment, de na pas être obligés de meubler les temps morts comme une pièce et trop grande dans laquelle on a froid.

L’Oncle s’était appuyé à mon bras, de tout son poids de plume. Il a soupiré faiblement. Vieillir n’est déjà pas facile, le faire en compagnie de cette vieille carne ça devait ressembler à un long lavement.

C’est vrai qu’on n’en avait jamais parlé clairement, tous les deux. Jim Oregon ne sais pas qu’il est inspiré de quelqu’un qui a vraiment vécu. Et qui est vraiment mort. Il ne sait pas qu’il est un héros de fiction, a-t-il que toute ressemblance avec un homme existant ou ayant existé n’est pas purement fortuite. Pendant que j’essaie de lui expliquer la genèse des mots, il saute à bas de la barrière, et s’éloigne à grands pas. Il se contrefout de ce que je lui raconte.

 

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